De l'attention nait la liberté (Et de la concentration le contrôle)


Être attentif, c’est dans un instant donné, l’ouverture à tout ce qui peut se ressentir. Entendre, toucher, voir, sentir, ressentir les émotions, « voir »les pensées et sentiments, c’est ça être attentif. Lorsqu’on est attentif on « sens » l’émotion, la pensée qui veut s’établir, et on la laisse prendre sa place et disparaître d’elle même, comme si elle avait sa volonté propre. Ces pensées ne sont bien souvent que des réminiscences de notre passé : elles passent et repassent en nous et nous devenons des ruminants, à voir et revoir sans cesse les mêmes pensées, à nous en faire une personnalité, des opinions, sans jamais essayer de tester leur permanence.


Testes donc la permanence de ce que tu penses ou ressens, observe tout ça et tires ta propre conclusion : est-ce qu’il y a quelque chose qui « reste » ?


C’est ceci être attentif. Être concentré c’est forcer quelques chose, contacter un muscle, pressuriser le cerveau pour toute sorte de raisons : dans la rue, on est concentré à marcher doit, bien, à avoir l’air sain et digne, enfin pour la plupart… pour ceci on enclenche tout un tas de comportements culturellement acceptables : notre démarche, les habits qu’on choisit, le maquillage qu’on se met, la manière de lasser les chaussures, de se coiffer les cheveux, de dire bonjour ou pardon comme des robots, on salut une personne faisant mine de nous intéresser à lui ou elle sans en être convaincu, ou on se montre intéressé par un sujet pour correspondre à un cadre qu’on nous impose à l’école ou au travail. Sommes-nous à tout instant : détendu ou authentiques ? Nous contrôlons en permanence ce que nous sommes, voulons être, voulons paraitre. La place à la détente est cantonnée au cercle privée, mais là encore les processus de contrôle sont très très présent ! Même dans un lit conjugal, où reste-t-il des endroits où être détendus ? Être attentif à cette tension est déjà énorme, c’est le moyen de dire : je m’en rends compte et je dis STOP !


Alors je décide de faire beaucoup moins de chose mais de les faire avec un esprit détendu, où je sens que je peux lâcher prise sur mes attentes envers moi-même, envers les autres, et que je peux me sentir libre. Et si je me sens libre, que je développe cette attention et la pratique, car c’est un attention à avoir à chaque instant, pour ne pas retomber dans le contrôle, si je me sens dans le non-contrôle sur toi, et que toi te sens dans le non-contrôle sur moi, que tu es attentif et non concentré à ceci ou cela, alors nous pouvons tous les deux être libres. Dans toute notre spontanéité et créativité.


Dès lors, il n’y a pas besoin de sermons ou de morale qui vaille : nous sommes tous deux entièrement libres et conscients de nos actes, pensées, paroles, et nos propensions à faire du mal s’évaporent.

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