• Nico Roos

[Témoignage] Le théâtre de l'opprimé avec des ados ep.1

Mis à jour : nov. 14

« Quand nous regardons au-delà des apparences, nous voyons des oppresseurs et des opprimés, dans

toutes les sociétés, les ethnies, les sexes, les classes et les castes ; nous voyons un monde injuste et cruel. Nous devons inventer un autre monde parce que nous savons qu'un autre monde est possible. Mais il nous appartient de le construire de nos mains en entrant en scène, sur les planches et dans notre vie. Venez assister au spectacle qui va commencer ; de retour chez vous, avec vos amis, jouez vos propres pièces et voyez ce que vous n'avez jamais pu voir : ce qui saute aux yeux. Le théâtre n'est pas seulement un événement, c'est un mode de vie ».


Le Théâtre de l’opprimé est une poétique théâtrale élaborée par le dramaturge brésilien Augusto Boal destiné à permettre aux opprimés de s’entraîner – dans le cadre de l’espace théâtral fictif – à lutter contre l’oppression et à esquisser des transformations de la société. Les élèves sont à la fois acteur, critiques, observateurs, de leur propres comportements.


J'ai pris le pari d'expérimenter le théâtre forum dans ma classe d'adolescents au spectre de l'autisme, pour provoquer leurs émotions, réactions face aux provocations de l'extérieur, leur permettre d'expérimenter de nouvelles manières d'être, observer les autres pour s'inspirer, et peut être libérer leurs émotions enterrées bien profond depuis des années ...


2 situations ont été expérimentées, avec à chaque fois un spect-acteur, qui était invité en fin de scène à jouer à son tour le persécuteur ou le persécuté. De manière générale, les ado se sont très rapidement pris au jeu, et ont eu envie que ça se passe bien, pas de résistance, argumentations. On reconnaitra qu'il leur est difficile de ne pas rire lors du jeu, mais cela devrait s'améliorer.


1) Un élève s'intéresse avec insistance à un autre qui lui n'en pas envie.

+ Les élèves ont observé qu'il était difficile de poser une limite, surtout si on connais une personne et qu'on ne veut pas blesser

+ L'élève a pu expérimenter la demande d'aide, et finalement l'affirmation de lui-même

+ Les élèves n'ont pas osé exploser, montrer clairement leur ras le bol. Il reconnaissent qu'il faut du courage.


2) Trois acteurs : un prof de maths, un qui ne comprend rien, un qui s'ennui et jour l'impertinent / gêneur

+ Le gêneur de cours a reconnu : "Embêter le prof c'est amusant au début, mais en fait c'est nul car on ne peut pas avancer le cours, et c'est important de pouvoir écouter à l'école." Thème d'atelier-philo abordé "à quoi ça sert l'école". Sentiment de honte de se moquer qui fait du mal = quelle est l'utilité de la honte ? A explorer une autre fois !

+ L'élève ayant joué le prof a avoué : "c'est dur de s'affirmer, de mettre un cadre en face d'ado qui ne respectent rien". Une prise de conscience pour les cours à venir pendant lesquels parfois il y a du laisser allé ?

+ Ce dernier a clairement montré son exaspération et est sorti de la salle = expression saine de son dégout de la situation


A la prochaine



Info : https://www.cairn.info/revue-agora-debats-jeunesses-2011-2-page-89.htm

 

Nicolas Roos - 2020