On apprend lorsqu'on s'implique entièrement

Dernière mise à jour : janv. 16



Cet article passionnant a été écrit par Bernard Collot (fondateur d'écoles alternatives du 3ème type), et correspondent aux idées de pédagogies actives, où l'on apprend dans le mouvement, en s'impliquant entièrement dans une activité qui nous plait.


Tout ce qu’un enfant fait à condition qu’il s’y implique totalement et librement, engage son corps et son cerveau dans le développement de ce qu’on appelle intelligence ou intelligences multiples.


Je me suis demandé pendant longtemps pourquoi le joueur de tennis au fond du cours n’arrêtait pas de se balancer d’une jambe sur l’autre alors que le serveur n’avait même pas lancé sa balle pour la frapper. En mettant leur corps en mouvement, leurs neurones se mettent aussi en branle et à peine la balle frappée, neurones et corps déjà mobilisés ou pouvant s’être déjà mobilisés anticipent pour être exactement là où il faut être. On voit très bien sur les joueurs débutants la différence, en dixièmes de seconde de réaction, entre une position d’attente statique et une position d’attente en mouvement. On s’obnubile souvent sur la technique à apprendre, et c’est dans les pieds que cela se passe.


Tous les apprentissages ne sont qu’affaire de constructions neuronales devenant opérationnelles ou non. On imagine que lorsqu’un enfant fait de la musique, de la peinture, cuisine des crêpes, grimpe dans les arbres construit une cabane, joue à n’importe quoi… cela n’a rien à voir avec les sacro-saints apprentissages. Et bien si ! Dans toutes ces activités où il s’implique à fond, ses circuits neuronaux se construisent, se complexifient, fonctionnent… Lorsque le désir, l’envie, l’intérêt, l’occasion le mettront dans l’utilisation d’autres langages (mettront son cerveau devant la nécessité de se mettre en branle), son outil neuro-cognitif sera déjà performant et il en utilisera probablement parties construites par ailleurs.


J’ai narré par ailleurs l’expérience d’apprentissage naturel de la natation directement en grand bassin. Avec un grand étonnement de nombreux instituteurs s’apercevaient que lorsque les enfants avaient été à la piscine le matin, l’après-midi ils faisaient des progrès incompréhensibles… en orthographe ! Il avait été remarqué que des enfants qui étaient mal à l’aise dans des exercices d’équilibre en éducation physique avaient des problèmes pour se représenter la symétrie en mathématique, de même que la relation entre la pratique de la musique et les mêmes mathématiques a été établie. J’ai narré pour ma part les constats de relations entre enregistrements vidéo ou audio et l’apprentissage de l’écrire-lire. Etc.


Peu importe que l’on sache pourquoi. Tout ce qu’un enfant fait à condition qu’il s’y implique totalement et librement, engage son corps et son cerveau dans le développement de ce qu’on appelle intelligence ou intelligences multiples. Nous pouvons alors constater (et nous l’avons constaté), que ce sont les situations, les environnements, les événements qui font privilégier la construction de certains langages ou en font inhiber d’autres. La potentialité est la même pour tous. Les directions prises dans l’utilisation de cette potentialité pourront être différentes. Chacun se crée son propre cerveau ou le cerveau crée le cerveau.


C’est probablement la recherche de la jouissance qui incite à ce tâtonnement corporel et neuronal, et c’est probablement la jouissance obtenue qui fixe définitivement ce qui est devenu opérationnel.


Source : http://education3.canalblog.com

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